L’éducation des enfants : quand l’homme pense que ce n’est “pas son problème.”
- 14 déc. 2025
- 3 min de lecture
Ces derniers jours, je cherchais un sujet. Pas par manque d’idées , mais par manque d’élan. Rien ne m’attrapait vraiment, rien ne me donnait envie d’écrire sans me forcer. Et puis, comme souvent, Facebook s’en est mêlé. Entre faits divers et débats stériles sans fin, je tombe sur une vidéo. Un homme y expliquait, très sérieusement, que l’éducation des enfants relevait entièrement de sa femme (qui d’ailleurs pour lui l’avait échoué). Son ex-femme aujourd’hui. Ce détail n’était pas le plus étonnant, mais il en disait long.
Cette vidéo m’a rappelé une réalité devenue presque banale : pour beaucoup de pères aujourd’hui, leur contribution à l’éducation des enfants est essentiellement monétaire. Beaucoup d’hommes pensent encore que leur rôle s’arrête à travailler, payer les factures et intervenir uniquement quand il faut sanctionner. Comme si éduquer était une charge qu’on pouvait déléguer, comme une tâche administrative. On paie l’école, les habits, parfois les loisirs… et on estime avoir fait sa part. Le reste ? Le temps, l’écoute, la présence, la construction émotionnelle ? Très peu. Comme si l’éducation pouvait se résumer à un virement mensuel.
Pourtant, tout passe. La gloire passe. L’argent passe. La passion passe, parfois plus vite qu’on ne l’imagine. Même nous, nous passons. Ce qui a le plus de chances de rester, ce sont nos enfants. Pas à cent pour cent, Pas parfaitement, pas éternellement certes, mais suffisamment pour qu’on se demande ce qu’on leur laisse vraiment.
On aime dire que les sociétés africaines sont patriarcales. C’est vrai. Mais patriarcal ne veut pas dire absent. Dans beaucoup de cultures africaines, l’homme avait un rôle éducatif clair : transmettre des valeurs, raconter l’histoire, montrer le chemin par l’exemple. Ce n’était pas toujours verbal, mais c’était aussi sa présence . Chez les Akan, par exemple au Ghana et en Côte d’Ivoire même dans un système matrilinéaire où l’héritage passe par la lignée maternelle, le père a un rôle fondamental. Il est responsable de la transmission des valeurs, de l’éducation morale, de la parole juste. Il façonne l’enfant par l’exemple, par la discussion, par la présence. L’homme n’étant pas relégué au rôle de simple pourvoyeur : il est un éducateur à part entière.
Aujourd’hui, ce rôle s’est souvent transformé en distance celle-ci justifiée par le travail, la fatigue, ou une conception dépassée de l’autorité. Un enfant bien éduqué ne tombe pourtant pas du ciel. Ce n’est pas un enfant parfait ni silencieux. C’est un enfant qui a été regardé, écouté, accompagné.
Et quand je pense à cela, je pense à mon père. Malgré ses occupations, malgré ses responsabilités, malgré le fait qu’il donnait déjà son corps et son âme à sa patrie ( je ne discute avec personne ), il a trouvé du temps. Des cours de répétition entre deux dossiers. L’amour de l’histoire transmis presque naturellement, au fil des conversations. Et puis ces moments improbables, « mes goumins » de deux heures du matin, quand le sommeil pouvait attendre parce qu’il fallait écouter, conseiller et rassurer. L’éducation ne demandait pas du temps en plus. Elle demandait simplement qu’on décide que c’était important.
Un enfant bien éduqué n’est pas parfait ni celui qui aligne uniquement de bonnes notes. L’éducation ne se limite pas à l’école, ni aux bulletins, ni aux classements. Être bon à l’école n’a jamais été une garantie de réussite dans la vie, pas plus qu’être moyen n’a jamais été une condamnation.
On peut être médiocre à l’école et, grâce à l’encadrement de ses parents, développer la curiosité, la discipline, la confiance et la capacité de persévérer. Strive Masiyiwa, dont le parcours scolaire a été loin d’être linéaire, en est une illustration forte. Ce sont la vision, l’endurance et les valeurs transmises bien avant les diplômes qui ont façonné l’entrepreneur qu’il est devenu. L’école instruit, mais la famille éduque.
Un père présent n’est pas forcément un père bavard. C’est un père qui prend du temps, même quand il n’en a pas vraiment. Qui partage ce qu’il aime. Qui écoute sans regarder l’heure. Les enfants n’écoutent pas toujours ce qu’on leur dit, mais ils observent absolument tout. Et ils s’en souviennent.
Participer à l’éducation de ses enfants n’affaiblit pas l’homme. Cela ne diminue ni son autorité ni sa place. Être un homme, ce n’est pas déléguer l’essentiel sous prétexte de traditions ou de confort. C’est comprendre que l’héritage le plus solide ne se mesure ni en biens ni en titres, mais en valeurs transmises.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas :
« Est-ce que mes enfants manquent de quelque chose ? »
Mais plutôt :
« Quand ils raconteront leur enfance, est-ce que j’y serai ? »
j'y ai mis du cœur dans ce post . Bisous.

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